Pierre Agert est né en 1930 à La Rochelle. Il devient professeur de gymnastique en 1955, après ses études à l’École Normale Supérieure d’Éducation Physique de Paris. Il enseigne au lycée Corneille de Rouen jusqu’en 1981, date à laquelle il est nommé Conseiller Technique auprès du Recteur de l’Académie de Haute-Normandie. Très intéressé par la danse populaire, il propose de la danse de salon à ses élèves lorsque les lycées deviennent mixtes, après 1968. Pendant une dizaine d’années, il fait partie d’un groupe informel de danses du monde à Rouen.

À sa retraite, il dansera avec l’ensemble folklorique ‘‘Les Dansaïres du Buëch’’ de Laragne, puis avec le Quadrille Sisteronnais Fanfare du Boumas de Sisteron.

L’arrivée de Pierre Agert au Quadrille Sisteronnais va permettre au groupe d’évoluer. Rapidement, Pierre est apprécié pour ses qualités de danseur, pour sa pédagogie en matière de danse, pour sa bonne humeur et son humour. Avec Jeannette, sa cavalière attitrée, il forme un couple admiré et généreusement applaudi lors des prestations du Quadrille.

Sa passion pour la danse, et sa générosité vont le conduire à créer de nouvelles chorégraphies qui vont étoffer le programme du groupe. Sur une musique d’Émile Pellegrin, il propose aux danseurs une superbe valse : Louise, puis il créera une nouvelle mazurka, une polka, une scottish, toutes plus belles les unes que les autres. L’année 2005 voyait le QSFB devenir un fringant octogénaire. Pour fêter dignement cet anniversaire, une idée parmi d’autres : écrire l’histoire de l’association !

Connaissant les possibilités et le goût pour l’écriture de Pierre, on lui propose d’écrire un ‘‘petit historique’’ du groupe. Bien évidemment, il est partant. Entouré de Jeannette Jullien, Joëlle Blanchard et Bernard Blanc, Pierre Agert se lance dans une recherche débridée des informations qui lui sont nécessaires, et bientôt les documents, les textes, les photos, les films et autres témoignages s’accumulent, et ne demandent qu’à être exploités. Et le talent de Pierre va s’exprimer pleinement. Méthodiquement, consciencieusement, patiemment, il lit, compare les documents, croise les informations, demande des renseignements complémentaires pour éclairer les zones d’ombres afin de se rapprocher le plus possible de la vérité. Deux ans plus tard, un ‘‘petit historique’’ de 362 pages était terminé. Mais la rédaction de cet ouvrage, de grande qualité, n’a pas empêché Pierre Agert de ‘‘hanter les nombreux petits bals du samedi soir, et thés dansants dominicaux’’ des Hautes Alpes et des Alpes de Haute-Provence, afin de ne pas perdre pied dans la mouvance de la danse de loisir de son temps. Aujourd’hui, Pierre nous a quittés mais il laisse derrière lui, avec cet ‘‘Historique Lacunaire et Petites Histoires’’ un témoignage d’une grande richesse sur la vie dans le Sisteronnais de 1920 à 2005.

Pour ses nombreux amis, il laisse un grand vide. Sa générosité, son désir du partage, son élocution fine et précise, son humour quelquefois décapant, son amitié sans faille ont fait de lui un être exceptionnel. Bernard et Joëlle