Elles tournent en boucles sur nos écrans télévisés, ces images terribles des incendies qui ravagent la Gironde, l’Espagne, le Portugal. Elles nous montrent les moyens gigantesques mis en œuvre, le courage et l’abnégation de ces hommes qui ont choisi d’être au service des autres, les sapeurs pompiers. Eux sont à la retraite, et ils se sont consacrés à faire vivre, et perdurer dans nos mémoires, les moyens dont ils disposaient voici quelques décennies : « Pour savoir où l’on va, il faut savoir d’où l’on vient ! » C’est par ces mots que Michel Hysoulet introduisait l’un de ses discours. Capitaine honoraire des anciens sapeurs-pompiers de Sisteron, et président des sapeurs pompiers retraités des Alpes de Haute-Provence, il est l’un des concepteurs, avec d’autres collègues passionnés, d’une formidable aventure de conservation de la mémoire du corps des sapeurs-pompiers.

Et pourquoi pas un musée ?

C’est à partir de 2013 qu’il leur est apparu nécessaire de valoriser, recenser, réparer, remettre en ordre de marche, véhicules et matériels récupérés. Les trois poids lourds, dont le Ford FIN de 1948, la Land Rover 4X4, unique exemplaire en France, paradent lors de manifestations (récemment le défilé du 14 juillet). C’est la récompense d’un travail régulier dans l’atelier, mis à leur disposition par la mairie de Sisteron, quartier des Plantiers, et dont ces anciens sont très fiers. Si les locaux actuels ne permettent pas la mise en valeur au public de tout ce patrimoine accumulé, l’idée de création d’un musée, à dimension départementale, a germé, avec des pistes sérieuses de réalisation.

Quelques inquiétudes pour l’avenir

Dans le projet d’extension du quartier des Plantiers, avec la construction en particulier d’une nouvelle gendarmerie, l’inquiétude est grande que la mairie ne récupère son terrain, à plus ou moins long terme. Des solutions, qui demandent l’aval de la mairie, sont envisagées afin que ce patrimoine exceptionnel ne disparaisse pas. Véhicules, uniformes, pompes à bras, matériel de désincarcération de Joseph Gallego, casques, bottes et autres curiosités (lampe qui fonctionne avec un moteur thermique, détecteurs pour la radiologie, vieil instrument (de torture…) pour la réanimation des personnes en arrêt respiratoire) peuvent être visibles en contactant Michel Hysoulet (06 07 58 75 74) ou Jean Lorenz (06 13 66 20 33), ou par l’intermédiaire de l’Office du Tourisme de Sisteron. Le travail de mémoire et de conservation réalisé par les anciens pompiers de Sisteron est remarquable, et exemplaire et mérite d’être valorisé.