« C’est un jardin extraordinaire… Loin des noirs buildings, des passages cloutés ». Mais à la différence de la chanson de Charles Trenet, il n’y a pas ici de canards qui parlent anglais, non, seulement des papillons silencieux, discrets, qui trouvent en ce lieu un havre de paix, et de quoi se nourrir !

Ce jardin est un peu confidentiel !

En réalité, il ne se visite pas… Situé à l’arrière de la maison de Patrice Schaffhauser, difficilement accessible, à l’origine c’était une zone d’éboulis, de gravats, sous le flanc sud du Molard.

Il aura fallu pas moins de quatre années de travail, environ 90 jours à temps plein, pour créer des espaces végétaux adaptés à la configuration du terrain.

Son projet ? Créer un jardin aux papillons en s’inspirant de celui existant à Digne. Patrice Schaffhauser n’a pas de formation scientifique, mais cet ancien animateur socio-culturel, puis travailleur social à la mairie de Paris, est depuis une quarantaine d’années impliqué dans des actions de défense de la nature telles que des chantiers Nature.

Un rêve qui se concrétise !

Une fois (en partie) déblayé son terrain, et aménagé en fonction de plans construits au fur et à mesure de ses travaux,  Patrice Schaffhauser s’est appuyé essentiellement sur la végétation locale existante pour attirer ses papillons. Ces insectes sont assez menacés et supportent très mal les pesticides et la destruction de leurs milieux. Il fallait au maximum préserver l’existant, dont les grandes scabieuses, plantes herbacées assez hautes et très mellifères (qui attirent les insectes butineurs). Il a également planté d’autres plantes mellifères : de l’hysope, de la valériane, de la verveine de Buenos Aires, ainsi qu’une une autre variété de scabieuse, de la lavande, de l’hélichryse, trois plants d’arbre à papillon de l’Himalaya (Buddleia) et quelques plantes ornementales.

Il récolte les fruits de son travail ! Tout au moins, au sens figuré. Car sa plus grande satisfaction, c’est de pouvoir observer et photographier les 17 espèces différentes de papillons, toutes espèces de passage dans son havre préservé : « Toute la nature est merveilleuse, et les choses les plus banales sont intéressantes. » Une belle philosophie de vie, et de respect du vivant, même celui qui paraît le plus insignifiant.